Un
peu d’histoire de Gournay sur Marne.
L’origine
de Gournay est très ancienne. Des fouilles archéologiques
récentes ont permis d’y retrouver un village d’artisans
du 1er siècle avant J.C. et ont constaté une occupation
continue à l’époque mérovingienne et carolingienne.
En 946, le père de Hugues Capet, Hugues le Grand, donne le comté
de Corbeil et la seigneurie de Gournay- sur-Marne à un descendant
des Comtes de Paris dénommé Aimon, à l'occasion de
son mariage, l'importance du personnage fait supposer que Gournay était
déjà un lieu important, probablement un castrum (petit fortin
en bois, sur motte, entouré de palissades), un de ceux que Charles
le Chauve avait fait bâtir sur la Marne, la Seine et l'Oise pour
se défendre des Normands.
Vers 1063, un seigneur de la famille des Montlhéry surnommé
Guy le Rouge, devient seigneur de Gournay. Il y fonde un prieuré
qu'il donne vers 1079 au monastère Saint-Martin-des-Champs de Paris.
A ce dont il ajoute la chapelle du château, qui deviendra par la
suite l'église paroissiale Saint-Arnoult, et le moulin.
Un village, un prieuré, un château dont le seigneur est Sénéchal
de France, de nombreux marchands passant le gué ou navigant sur
la Marne, tout cela évoque beaucoup d'animation et un village adapté
à ces activités.
Mais en 1114, le fils de Guy le Rouge est accusé de piller les
marchands et de mettre son butin dans le château, le roi Louis VI
le Gros vient en faire le siège, et après de durs combats
s’en empare. Il le confisque et le donne au gendre de Guy le Rouge,
Anseau de Garlande, avec le titre de Sénéchal.
En 1330 c’est la reine Jeanne d’Evreux, veuve de Charles IV
le Bel qui achète la seigneurie et leur fille Blanche la donne
en 1376 au roi Charles V. Gournay devient alors bien de la couronne et
sera confiée à des proches du roi.
Pendant la guerre de 100 ans le château fort fut pris par les Anglais
et comme Jeanne d’Arc arrivait de Lagny pour le délivrer,
les Anglais s’enfuirent et la Pucelle fit demi-tour avant d’arriver
à Gournay.
Pendant les guerres de religion, le Roi Henry IV y fit construire un fort,
surnommé " Pille badaud", pour empêcher le passage
du ravitaillement vers Paris assiégé. Il dut y avoir de
durs combats à Gournay, car un historien de l’époque
raconte que l’on y avait du sang jusqu’à mi-chausses.
Citons Etienne Levassor, dont la pierre tombale est dans l’église
de Gournay. C’est sa fille mariée avec Louis Ancelin, fils
de la nourrice de Louis XIV, qui fit construire vers 1667 le château
de Gournay (notre mairie).
Gournay avait déjà perdu à cette époque toute
son importance et n'était plus qu'un petit village, vivant autour
de son château et de sa ferme. En 1720 c'est seigneurs Paul Poisson
de Bourvalais, gros financier qui venait de faire bâtir le Château
de Champs, qui achète la seigneurie de Gournay. Condamné
pour fraude, il est emprisonné ses biens sont confisqués.
La seigneurie va à la princesse de Conty, fille naturelle de Louis
XIV et de Louise de La Vallière qui revend aussitôt le château
de Gournay à Elysée de Court, Vice-amiral de France, qui
l’entoure d’un joli parc ludique. Sa pierre tombale est dans
l’église de Gournay.
A la révolution c’est Madame de Marbeuf, Dame de Champs,
qui est propriétaire du château et de la ferme de Gournay.
Jugée pour opposition à la révolution, elle est guillotinée
et le Château, la ferme, l’église et le prieuré
qui prend le nom de Château Blanc sont vendus comme biens nationaux.
Pendant la guerre de 1870 la population de Gournay est évacuée
à Torcy, les bâtiments sont très abîmés
par les tirs d’artillerie et le saccage des troupes allemandes.
A la fin du XIXème, petit à petit des bonnes odeurs de cuisine,
des airs de musique et des cris de gaieté s'élèvent
des bords de la rivière, ce sont les guinguettes et les canotiers
qui arrivent. D'abord plutôt sélectes sur la rive droite,
puis populaires sur l'autre rive à partir de 1930 avec la création
du lotissement et de la plage. On comptera 65 auberges-guinguettes sur
6 kilomètres de rivière, les premières datées
de 1780.
Puis, vers 1970, le silence revient sur les bords de la rivière
désertés à cause de la pollution.
Aujourd'hui, Gournay avec ses 6000 habitants est toujours un petit village
résidentiel très agréable, ses bords de Marne revivent,
et les berges ont retrouvé leurs promeneurs, leurs restaurants
et même des guinguettes.
J.Guillard
|